La minocycline efficace pour soigner la SEP

 

 

Une étude menée par des chercheurs de l’Université Calgary au Canada montre que la minocycline, médicament indiqué contre l’acné, peut ralentir la progression de la sclérose en plaque (SEP) chez les patients ayant récemment présenté les premiers symptômes de la maladie. Les résultats de cet essai clinique de phase III randomisé viennent d’être publiés dans the New England Journal of Medicine.

Les spécialistes ont sélectionné 142 patients chez qui les premiers symptômes de démyélinisation ont été constatés dans les 180 jours précédents le début de l’essai Les participants ont été répertoriés dans douze cliniques canadiennes, ils avaient 35,8 ans en moyenne et 68,3 % d’entre eux étaient des femmes. Ils ont été divisés en deux groupes au hasard : 72 patients ont reçu 180 mg de minocycline administré par voir orale deux fois par jour et les 70 autres se sont vus prescrire un placebo. Le traitement continuait jusqu’à ce que le diagnostic de sclérose en plaque soit clairement établi ou s’arrêtait finalement 24 mois après son commencement.

Les scientifiques ont tout d’abord regardé si les patients étaient diagnostiqués pour la SEP au bout de 6 mois puis au bout de 24 mois. Ils ont également analysé les changements survenus au niveau des IRM à 6 et 24 mois. D’après les chiffres, le risque d’être officiellement diagnostiqués comme atteint d’une SEP six mois plus tard, est de 61 % dans le groupe contrôle contre 33,4 % pour les participants sous  minocycline. Ce qui fait une différence significative

« Ces résultats sont incroyables », s’enthousiasme le Dr Luanne Metz, qui a dirigé les travaux. Pourtant, il aura fallu 18 ans pour les obtenir. Apparemment, un spécialiste en neurologie aurait eu l’idée de tester les médicaments prescrits contre l’acné sur des modèles animaux car la minocycline possède de nombreuses propriétés anti-inflammatoires qu’ils pensaient intéressante pour traiter la SEP. « Sur la base de résultats encourageants », un premier essai pilote a été réalisé suivi par un essai de phase II puis finalement cette étude de phase III. « Sur la base de ces résultats, les neurologues seront en mesure de prescrire de la minocycline pour les personnes qui souffrent des premiers symptômes

de démyélinisation si une IRM suggère que leur cause se révèle vraisemblablement une SEP », argue la chercheuse

Ce médicament déjà employé depuis 50 ans, réduirait l’inflammation endommageant la myéline. Il présenterait une alternative sûre et abordable au traitement actuel pour les patients au début de la maladie. Pour les auteurs, la potentielle réduction des coûts de la pathologie pourrait s’avérer conséquente et l’accès au traitement pourrait être grandement amélioré

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