Dépression chez les personnes âgées

La dépression après 55 ans est relativement fréquente malheureusement. Une étude déjà ancienne (1) évaluait la proportion atteinte d’un état dépressif à 14 %  , soit environ 2 fois plus que chez les personnes de moins de 55 ans.

Le diagnostic est parfois malaisé, en raison de symptômes atypiques ou de comorbidités masquant la dépression. Pour le faciliter, des échelles d’évaluation peuvent être utilisées.

Les approches psychothérapeutiques et l’activité physique s’avèrent utiles, , en cas de dépression modérée et chez les patients atteints d’un épisode majeur mais trop fragiles pour les médicaments

Pour les personnes âgées atteintes d’un épisode majeur et supportant les médicaments d’innovations. Ils préconisent d’utiliser en première ligne la sertraline ou l’escitalopram, ou encore le bupropion : en cas d’intolérance aux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine.  La vortioxétine ou la quétiapine peuvent aussi être utilisés en monothérapie, toujours selon ces mêmes auteurs

Afin d’éviter les risques liés à d’éventuelles polymédications ou à une fragilité, les auteurs préconisent une approche prudente, d’abord non médicamenteuse

les facteurs de risque associés à la survenue d’une dépression chez des personnes âgée ont été identifiés et sont proches, en dehors du déclin cognitif, des facteurs de risque de dépression pour tout le monde : sexe féminin, maladie chronique, déclin cognitif, dégradation fonctionnelle, manque d’interactions sociales étroites, traits de personnalité favorisants, événements de vie stressants et antécédents de dépression.L’isolement est un des facteurs de risque de dépression chez les personnes âgées

Chez les patients plus âgés, le diagnostic peut être malaisé, plus difficile que chez les plus jeunes en raison de comorbidités et / ou de d’un déclin cognitif.

De plus, la plainte n’est pas forcément la même, les plus âgés pouvant davantage mettre en avant, comme plainte principale, un symptôme non spécifique plutôt qu’une humeur dépressive : fatigue, perte de poids, douleur, symptômes médicaux multiples, troubles de la mémoire, retrait social, refus de boire, manger, de prendre ses médicaments, difficulté à prendre soin de soi, augmentation de la prise de tranquillisants ou d’alcool

Difficulté supplémentaire pour le corps médical : le patient n’associe pas forcément ces symptômes à une dépression. Il faut donc la déceler à travers ces plaintes

Enfin, la dépression peut exacerber les manifestations cliniques  d’autres pathologies

, une échelle d’évaluation .  le mini GDS, existe et repose sur 4 questions

Vous sentez-vous souvent découragé(e) et triste ?

Avez-vous le sentiment que votre vie est vide ?

Êtes-vous heureux (se) (bien) la plupart du temps ?

Avez-vous l’impression que votre situation est désespérée ?

Les épisodes dépressifs mineurs ou modérés peuvent être pris en charge en priorité par une psychothérapie. L’exercice physique semble aussi utile, y compris chez ces patients plus âgés

En cas d’épisode dépressif sévère, la psychothérapie peut aussi être utilisée, ainsi que des antidépresseurs, qui ont les mêmes indications chez les jeunes comme les moins jeunes

Les auteurs recommandent cependant de privilégier les antidépresseurs paraissant  les mieux tolérés à cet âge
Concrètement, ils préconisent d’utiliser en première ligne un inhibiteur de la recapture de la sérotonine (ISRS) : la sertraline (ZOLOFT et génériques) ou l’escitalopram (SEROPLEX et génériques

En cas d’intolérance aux ISRS, ils conseillent le bupropion
Un changement de molécule  peut se faire en l’absence de réponse significative, mais seulement après environ 4 semaines à une dose thérapeutique, c’est-à-dire après 6 à 8 semaines de traitement.

Chez les personnes âgées n’ayant pas répondu à un ISRS en première ligne, les auteurs recommandent de passer à la duloxétine (CYMBALTA et génériques) ou à la venlafaxine(EFFEXOR et génériques), avec le bupropion, la mirtazapine (NORSET et génériques) ou lanortriptyline (NORTRILEN) comme alternatives en cas d’intolérance

le lithium (TERALITHE) peut aussi être utilisé, avec augmentation de sa posologie si besoin .L’électroconvulsivothérapie semble également efficace, voire très efficace  chez les patients non répondeurs aux autres traitements, ou qui présentent des contre-indications aux médicaments.

Les auteurs de l’analyse ; recommandent aux cliniciens de favoriser la monothérapie de par son utilisation plus simple, mais aussi plus sûre et moins coûteuse. L’augmentation de posologie de l’antidépresseur doit se faire lorsqu’il existe un risque d’aggravation.

Prescrire des antidépresseurs chez ces personnes fragilisées ou présentant plusieurs pathologies augmente les risques et la sévérité d’interactions médicamenteuses et d’effets indésirables

S’ils sont bien tolérés, les antidépresseurs peuvent, à l’inverse, améliorer un déclin cognitif associé
Les interventions psychothérapeutiques (thérapie cognitivo-comportementales, musicothérapie) et éducatives peuvent être bénéfiques chez les patients fragilisés.

Ils estiment, malgré le peu de données disponibles, qu’il faut continuer le traitement pendant au moins 1 an après la rémission, 2 ans si deuxième épisode dépressif majeur, et 3 ans si troisième ou plus

Cette prescription prolongée doit se faire bien sûr en tenant compte du vécu individuel du patient, de la sévérité des épisodes, du nombre de traitements nécessaires pour obtenir une rémission et de la présence, ou non, de facteurs de risque

La dépression des personnes âgées nécessite d’être tout d’abord diagnostiquée, donc recherchée, puis d’être traitée sur le même modèle que la dépression des moins âgés
De plus amples études traitant de l’efficacité relative, de la tolérance et de la sécurité des médicaments psychotropes sont nécessaires pour affiner la stratégie thérapeutique.

 

‎مؤخرة الموقع